Les contes de fée

Le co-pilote

Le 03/08/2018, 11h30

Vol Porto-Nice

Après une belle galère à l’aéroport qui a failli me faire louper mon putain d’avion…Je m’installe enfin à bord!

Note importante: si vous rapportez des putain de boîtes de sardines du Portugal ou d’ailleurs, sachez que EasyJet peut les considérer comme « liquides », vous causant tous les désagréments qu’on connaît à l’aéroport quand vous oubliez des putains de liquides dans votre putain de baggage cabine.

– Louise : « Sinon, l’histoire elle commence un jour, où bien on doit se taper ta putain de vulgarité encore un moment ?? »

– Moi : « Ouais, ok, j’arrête. Alors…  »

Enfin à bord ! J’ai le siège 1D. C’est la première fois que je suis au tout début de l’avion, la porte du cockpit est ouverte et je vois le pilote de dos, assis sur son siège. Je me demande alors comment font les gens dans les films pour se retrouver dans le cockpit. J’adorerais voir un atterrissage de là-bas. Surtout à Nice… Le bleu azur de la mer, le survol de la baie des anges et la piste d’atterrissage qui est carrément sur l’eau. Dès fois je me demande (et je ne doit pas être la seule)  qu’est ce qu’on ferait si l’avion n’avait plus de freins…Sérieusement on tombe direct dans l’eau ! C’est certain ! En même temps c’est mieux que de se crasher au sol ou contre un bâtiment…

J’adore l’atmosphère de l’avion, il ya toujours cette petite excitation mêlée à un petit stress même pour les petits vols. J’essaie souvent d’observer lequel des stewards est gay, parce que y’en a toujours un (au moins un) … On a beau dire c’est un cliché, comme pour les coiffeurs, à un moment donné, c’est vraiment flagrant…

Ah! Le pilote fait son annonce… Je voyage avec Easy Jet, la voix qui résonne a un bon gros accent British qui me fait toujours autant craquer.

Je me demande si le pilote est BG…Je me force à imaginer que oui, et là… CLING CLING CLING !!!! Dans ma tête, c’est le combo maximum de la séduction : pilote + beau gosse + accent Anglais = FO-LIE

Bon, je me ressaisis et calmes mes ardeurs, mais je me dis qu’en descendant de l’avion, quand la porte du cockpit sera de nouveau ouverte, je jetterais un œil juste par curiosité.

J’aimerais quand même demander au steward (qui est clairement, et sans aucun doute gay) qu’est ce qu’il faut faire pour assister à un atterrissage depuis le cockpit… mais je ne le fais pas, j’ose pas demander.

– Louise : « Baltringue »

– Moi : « … »

Je me mets à imaginer le pilote physiquement : il ressemblerait à Mike, mon dernier crush anglais : grand, mince, des yeux clairs et des traits fins, et cette élégance à la British… Ou alors, il serait pas très grand, un peu rond, cheveux roux, yeux verts vitreux et taches de rousseurs sur le pif…Dans ce cas là, j’aimerais moins, c’est certain! Mais je serais capable d’aimer quand même… Et puis comme dirait Louise : « Les moches baisent mieux ».

– Louise :« Ah ça, tu peux me croire ! »

– Moi : « Enfin, bref… »

Le pilote refait une annonce en milieu de vol, et là…C’est une catastrophe…Il essaie de parler en Français, mais son accent est à couper au couteau, on comprend pas UN MOT de ce qu’il baragouine, je suis à moitié pétée de rire… Mais définitivement cet accent me fait de l’effet… Par contre, je pète vraiment de rire lorsqu’il commence à faire la même annonce en Portugais, là pour le coup c’était pire, on ne reconnaissait pas le moindre mot, on aurait dit une langue extra-terrestre, ou alors un geek qui s’est amusé à mélanger le portugais, l’espagnol et l’italien et aurait passé la bande son à l’envers pour que personne n’y comprenne rien! Je jette un œil à la passagère à ma droite, elle me fait de grands yeux et on éclate de rire ensemble.

Quand le steward passe avec son chariot à Dutty free, j’achète un coffret à parfums miniatures, y’en a 5 dedans, ça fera un petit quelque chose à offrir à ma mère et mes sœurs (ça sentira meilleur que les PUTAIN de sardines qui ont failli me faire louper mon vol)

– Louise : « Mais tu vas te calmer avec cette histoire de sardines?

– Moi : « Ok, … »

Donc, pendant mon échange avec le steward, je lui demande de féliciter le pilote pour l’effort qu’il a fait pendant l’annonce, et la passagère à coté de moi confirme ce que j’ai dit et souligne la différence avec les autres pilotes qui ne font pas l’effort de faire ce genre d’annonce dans la langue des pays où ils volent depuis des années. (Moi perso, en vrai, je m’en fou hein, tout ce que je veux savoir c’est s’il est beau-gosse et si oui, est-ce qu’il veut bien que je lui donne des cours de LANGUE hahahaha.)

Le steward est d’accord avec nous, et s’en suit une joyeuse petite discutions entre nous trois. Je paye mon achat (plus cher que prévu parce que j’avais pas capté que c’était en pounds et non en euros–> encore une victoire de ma bêtise) et il conclut en disant : – « Je transmets le message ».

Là! Une idée me vient : je prépare un bout de papier dans lequel j’écris mon numéro de téléphone. Quand on descendra de l’avion et que le pilote viendra dire au revoir aux passagers (ça a été le cas à tous mes derniers vol, j’espère que ce sera le cas aujourd’hui), je le regarderais et je lui dirais : »If you need any French lessons, just make a call » …

Haaaan c’est couillu ! C’est vachement couillu, mais qu’est-ce que je perds ? Au pire il se fou de ma gueule avec ses collègues et je ne reverrais probablement aucun d’eux d’aussi tôt. Et puis ne serait ce que pour savoir si il se passerait un truc ou pas, j’ai envie de le faire. Je m’imagine déjà raconter l’histoire à mes copines hahahha.

Enfin bref, on atterrit enfin et le pilote et le co-pilote sortent bien du cockpit pour saluer tous les passagers…BINGO!

Par contre ils sont deux…impossible de savoir qui a fait l’annonce… Mon plan semble compromis, du coup, dans ma tête ça va vite : il faut que je réussisse à dire en Anglais correctement un truc du genre : « Qui de vous deux a fait la magnifique annonce en 3 langues de tout à l’heure? », je pointerais du doigt le beau-gosse et dirais : « C’est vous ? », il répondrais « Yes » ou « Oui » ou peu importe, je lui tendrais le papier et dirais : « In case you need any French lessons, just make a call » –>TADAAAM ! Applaudissement dans ma tête.! Je partirais immédiatement, vu que les gens sont censés attendre derrière moi pour descendre de l’avion. Je serais un peu rouge, j’aurais le cœur qui bat un peu… Je me retournerait et il serait là, à la porte à me regarder descendre, je lui ferais un sourire… Une belle histoire commencerait…Ce serait le rêve…

– Louise : « J’imagine que c’est pas ce qui s’est passé, non? »

–  Moi : « Non, pas du tout! »

Je récupère mon baggage cabine au dessus de moi, et je réfléchis à comment faire, je n’ai pas les mots en Anglais pour sortir ma première phrase…Je suis un peu dans la merde. Le beau scénario  commence à tomber à l’eau, surtout que quand l’affaire ya un jeune BG et un vieux avec une calvitie… Je ne sais pas qui est le co-pilote.

Je dirais quoi, si le vieux dit « C’est moi qui a fait l’annonce ». Hein ? Bon, en même temps, généralement le co-pilote est plus jeune que le commandant de bord. Mais je commence à être prise d’un doute sur la fonction de la personne qui a fait l’annonce… Il me semble qu’au début de son annonce, il s’était présenté comme étant le co-pilote, et le steward avec qui on avait discuté avait aussi parlé du « co-pilote » …. Mais j’ai un trop gros doute.

J’avance pour sortir et je me résigne à ne rien faire, rien dire, on oublie toute cette histoire … Je n’aurais rien à raconter à mes copines, et je n’aurais pas assisté à l’atterrissage depuis le cockpit…Quel vol de merde!

Je m’avance et salue normalement le steward, et les deux machins à coté de lui (on ne s’est toujours pas qui est qui, ils devraient avoir une étiquette, un truc pour les différencier, je sais pas moi!), ils me répondent poliment des trucs du genre « Merci, bon retour bla bla bla »… Et là… CONTRE TOUTE ATTENTE… Le steward…Le steward (mon poto, mon gars suuuuuuuure) dit, en regardant le co-pilote beau gosse : »C’est la passagère qui a beaucoup aimé votre annonce Mr »

Pwaaaa. Une chaleur monte de mes jambe et me traverse tout le corps, arrive au visage, je deviens rouge écarlate (je le sens)… Je souris bêtement, pendant que mes neurones  s’agitent dans tous les sens

Mes neurones essayent de produire un signal qui sera envoyé à mon cerveau, qui trouveras des mots à formuler, qui les enverra à ma bouche pour qu’elle sorte des sons, mais avant ça, les mots doivent retourner au cerveau pour être traduits en anglais, parce qu’entre temps, le co-pilote sexy a dit :  « Oh really, i’m glad to hear that » et je réponds… DE LA MERDE

– Louise : « Putain, t’as répondu quoi???? »

J’ai répondu, un truc du genre : « Yes, we didn’t understand a single word, but it was great. In case you need any french lessons just call me »

– Louise : « Ça va, c’était pas nul comme réplique »

C’était NUL à chier! J’étais tellement mal à l’aise, je suis sortie de l’avion le plus vite possible, en me concentrant sur les marches de l’escalier pour ne pas me casser la gueule, et avoir ENCORE plus honte que je n’avais….

– Louise : « T’en rajoutes, c’était pas si naze »

– Moi : « Si, c’était très naze, j’avais 3 paires d’yeux braqués sur moi,  les autres passagers qui attendaient derrière… trop de pression quoi, je ne suis même pas sure d’avoir sorti cette phrase en Anglais correctement, mais le PIRE dans l’histoire, c’est  que j’AI OUBLIE de donner le papier avec le numéro!!!!  En gros : Je dis à un mec Appelle-moi SANS LUI DONNER mon numéro… Je suis une calamité »

Bref, je descends les escaliers (cramponnée à la rampe pour ne pas tomber) en me demandant pourquoi je me mets dans des situations aussi embarrassantes,..Pourquoi, pourquoi, pourquoi?  Je les imagine en haut dans l’avion en train de se foutre de ma gueule…Quel ENFER!

Bon, à défaut d’une belle histoire, j’aurais un truc drôle à raconter aux copines au moins. Parce que là, à moins d’un miracle, il ne se passera rien du tout avec ce co-pilote. :,(

Il a pas mon numéro, je suis dans le bus qui nous emmène au terminal pour sortir de l’aéroport, et lui est encore dans l’avion. On risque pas de tomber l’un sur l’autre pour qu’il me demande mon numéro, ébloui par ma beauté…

Non…Il aura fait MIEUX que ça !

Je me dirige vers la sortie, quand je me rappelle que j’avais envoyé mon sac à dos en soute. En effet, je suis arrivée en dernier à la porte d’embarquement, et les charmants agents d’escales d’EasyJet m’ont proposé de mettre mon bagage en soute gratuitement! Trop bien.

Trop bien… Trop bien quand ton bagage sort rapidement…Ça fait plus de 15 minutes que je poirote.

J’envois un texto à ma mère qui vient me chercher de l’aéroport, pour la prévenir du retard… Quand j’entends, ce que je crois être mon nom dans les haut parleurs de l’aéroport…Je comprends à moitié ce que la voix féminine dit. Je m’éloigne de tous les gens qui attendent leurs bagages, et me concentre pour réécouter l’annonce. Cette fois-c, je reconnais bien mon nom et je comprends que je dois me présenter au point info du terminal 2…

Là je réfléchis pourquoi on m’appelle… J’aurais oublié un truc dans l’avion? La dernière fois que ça s’est produit, c’est moi qui ait du chercher partout, on m’a pas appelé gentiment pour me remettre mon paquet oublié…

Là, ma vie défile devant mes yeux, comme pour les gens qui vont mourir ,j’imagine tous les scénarios les plus catastrophiques, j’ai fait une connerie? La douane a trouvé de la contrefaçon dans mon sac? Quelqu’un a mis de la drogue dans mon sac à dos, je vais finir en taule…Je devrais peut-être me barrer immédiatement de cet aéroport…En même temps la compagnie aérienne a -à peu près- toutes mes infos personnelles, je vais pas pouvoir échapper à la police longtemps…

Mon sac est là, je le prends et je me dirige vers le point info. Ma mère qui m’attends toujours, m’appelle et me dit  un peu agacée qu’elle est en voiture au niveau des départs, mais qu’elle est obligée de bouger pour pas gêner…Je lui dit que je la rappelle dès que c’est réglé.

Je prie tous les dieux pour que ce ne soit rien de grave, et que cette histoire soit réglée au plus vite. J’arrive au point info…

Quand j’arrive enfin à identifier où se trouve le point info, je vois de loin ce qui ressemble à un équipage d’avion en blanc et orange… Je ralenti pour voir si je reconnais un des membres de l’équipage du vol que je viens de prendre… Je ne suis pas certaine que ce soit eux, de toute façon je ne suis sure de rien, je me sens complètement perdue, et j’ai l’impression que l’aéroport entier a les yeux braqués sur moi. Ce qui n’est évidement pas le cas.

Bon, là ya plus de doute, je reconnait bien mon co-pilote, casquette sous le bras, valisette à coté, et tout l’équipage derrière. Comme dans les films.

Quand il me voit, il me fait signe de la main, puis fait signe à la jeune femme derrière le micro, qui lui lui fait un clin d’œil et lève le pouce. Suuuuper, je suis au maximum du niveau de malaise possible.

Il s’avance un peu et s’éloigne donc du reste de l’équipage, je souris…bêtement. Quand je suis mal à l’aise, je souris bêtement! toujours! Je vois sa bouche bouger, je pense qu’il doit etre en train de me parler, mais mon cerveau est en mode veille là, la tour de contrôle ne répond plus. Il me parle en VO donc c’est trop d’infos d’un coup.

Quand mon cerveau a fini de traiter l’info, je pense qu’il a dit un truc du genre : Dans quelle mesure, je pourrais avoir des cours de Français, verry soon?

– Moi : « Anytime you want! »

WOW elle a enfin parlé!!! C’est bon, j’ai récupéré mes facultés intellectuelles!! Je rajoute même un truc du genre : J’habite ici, est-ce que tu passes souvent par Nice ? Et il répond que oui, il est régulièrement ici, il habite à Londres, et qu’il aimerait avoir mon numéro if I dont mind….

Non, mais je ne dont mind du tout moi, je suis encore sous le choc que le mec a quand même fait une annonce dans tout l’aéroport pour me filer son numéro…

Je lui donne mon téléphone pour qu’il inscrive son numéro. Il s’appelle Robin. Il a pas du tout une tête de Robin. En même temps, pour moi Robin c’est l’assistant de Batman ou Robin Williams…Il me dit à ce moment si je pouvais lui envoyer un texto ou bien le faire sonner, pour être certain d’avoir mon numéro cette fois-ci, pas comme quand je suis partie précipitamment de l’avion. Il me rend mon téléphone et je lui envoi un texto avec mon prénom, ce à quoi il dit que c’est très joli… (hihi bien sure je souris bêtement!)

J’ai très très envie qu’il me demande ce que je fais ce soir. J’aime pas attendre… Je t’en supplie demande-moi ce que je fais ce soir.

Il se retourne vers ses collègues, et me dit qu’il doit partir. Il rajoute : « Well, Selma, it was a pleasure to meet you ». ce à quoi je réponds… (sortez les tambours): « It was a pleasure to fly with you »

– Louise : « Oh la punchliiiine »

Des fois, j’ai une répartie, je ne sais pas d’où elle sort, c’est des petits miracles à chaque fois. j’en suis très fière.

Il me fait un hug à l’américaine et s’en va. Je fais un signe à l’équipage qui a assisté à tout ce cinéma et qui doivent bien se marrer et je me retourne aussitot.

Je marche dans une direction, je ne sais pas du tout ou aller. Mon téléphone vibre dans ma main, texto de Robin : « Do you have any plans for tonight? » BAAAAAM …. La question que je voulais!!! Là c’est festival dans ma tête des centaines de mini-moi sont au carnaval de Rio à danser la Samba. Je suis tellement excitée que j’écrit un pathétique « I dont know yet, maybe » genre la meuf, qui fait genre qu’elle a des plans mais rien n’est sure…c’était la réponse la plus naze, mais c’est déjà envoyé!

Mon tel vibre, : texto de Robin : « Just let me know when you find out », cool ça me laisse du temps pour voir ce que je fais, mais je sais déjà que je vais lui répondre dans 1h ou 2, que j’ai très envie de le voir ce soir…

Mon tel vibre de nouveau, je regarde : un appel de … MAMAN! Putain j’ai complètement oublié que ma mère attend toujours… Je décroche, avec une pointe d’agacement, elle m’indique l’endroit où elle m’attend,

En marchant en sa direction, je me sens légère comme une plume, je souris encore bêtement, mais c’est le sourire d’une nouvelle rencontre excitante, pas celui de la gêne. Je souris à tous les gens que je croise, certains me disent même bonjour. Des mecs se retournent carrement sur mon passage…Je dois rayonner de bonheur moi! Et ça fait du bien!!!

Je retrouve ma mère qui note que je suis bien jolie, et me demande si j’ai fait un bon vol?

Haha, c’était un sacré bon vol mams! Si tu savais! un sacré bon vol!

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *